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Publiée le 2009-07-14 - Consultée 1405 fois

Mathieu Dauphinais

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Des bâtons dans les roues

L’équipe québécoise des moins de 19 ans est très forte. Elle est même trop forte aux yeux de certains de leurs adversaires. Un nouveau règlement a été mis en place avant la dernière Coupe Canada afin de les limiter davantage dans leur recrutement. Malheureusement, l’organisation n’a pas été en mesure de le respecter. Le prix à payer a été de se contenter de la médaille de bronze. Dans cette histoire, les jeunes ont tout de même prouvé qu’ils étaient les meilleurs au pays.

Mercredi dernier, les Québécois se présentent au Griffiths Stadium de Saskatoon pour y affronter l’Ontario dans un match de première ronde. Avant le match, l’équipe de la province voisine dépose un protêt contre les Bleus. Un de leurs joueurs ne se soumet pas à la nouvelle règlementation. Depuis cette année, un participant ne peut avoir joué plus d’une saison au niveau collégial. Or, Karl Andy Poyau évolue déjà avec les Cheetahs du Collège Vanier depuis deux ans. « C’est dommage parce que ce n’était même pas un joueur dominant », dit Jean-Charles Meffe, directeur général de Football Québec.

Pierre Robinette, président de Football Québec, ignore, pour l’instant, où l’erreur a pu se produire à travers les différents mécanismes de contrôle. Même s’il s’oppose à cette règle depuis l’an dernier, il accepte la pénalité. Les deux premiers matchs auxquels Poyau a participé se changent en défaite. Après avoir gagné leurs deux parties de mercredi, le Québec termine au troisième rang du classement.

Les injustices de la règlementation

Ce règlement a été mis en place après que le Québec ait gagné la Coupe en 2008. Les autres équipes jugeaient que les joueurs qui avaient évolué pendant deux saisons au niveau collégial face à des adversaires plus âgés étaient favorisés. Il est difficile d’évaluer l’impact de cette règle sur les différentes formations, puisque le niveau collégial n’existe qu’au Québec. Du côté des autres équipes, elles ne peuvent aligner plus de quatre joueurs universitaires. D’ailleurs, la Saskatchewan s’est fait prendre l’an dernier et n’a pu participer à la finale parce qu’elle en comptait cinq. De plus, ce cinquième joueur était parmi les meilleurs du tournoi.

Cette année, la Saskatchewan est revenue en force et a gagné le trophée. Toutefois, elle a aligné quelques joueurs des rangs juniors. Ces jeunes ont donc déjà joué avec des gars entre 18 et 22 ans. La nouvelle règle ne s’avère pas tout à fait juste envers le Québec. « Si ce n’est pas modifié, affirme Robinette, Football Québec va réévaluer la pertinence de participer à ce tournoi. »

Les bons étudiants sont pénalisés

Depuis quelques temps, le gouvernement québécois met beaucoup d’efforts pour garder les garçons sur les bancs d’école à l’aide de programmes de football. Or, un jeune qui suit un cheminement scolaire normal n’est plus éligible à la Coupe Canada à sa deuxième année collégiale, même s’il a encore 18 ans. « Chez Football Québec, notre but est de développer des athlètes, dit Pierre Robinette. Je n’ai pas envie d’aller voir un joueur et lui dire qu’il est écarté parce qu’il est responsable du côté académique. »

Jérémi Doyon-Roch est un bon exemple. À 17 ans, il était le quart-arrière de la formation canadienne au dernier championnat mondial. Mais il ne sera pas éligible à la prochaine Coupe Canada parce qu’il aura complété deux années au Collège Vanier.

Beaucoup de maturité

Malgré les bâtons mis dans les roues de l’équipe, les jeunes se sont comportés de façon « exemplaire ». « Lorsque je suis venu leur annoncer qu’on ne respectait pas le règlement, souligne Robinette, les jeunes ont agi en adultes. Ils sont venus pour prouver qu’ils étaient les meilleurs sur le terrain, mais ils l’ont prouvé aussi à l’extérieur. »

Un bel exemple de cette maturité est survenu lors du dernier match face au Manitoba. Après que leurs adversaires aient pris l’avance 13 à 7, les Québécois se sont rassemblés et ils ont rebondi immédiatement. Le quart-arrière Jean-Simon Ouellet a complété la totalité de ses passes et le Québec a finalement remporté le match par la marque de 28-13.

Sur le terrain, les joueurs ont essuyé plusieurs insultes de la part de leurs adversaires, mais ils ont préférer ne pas répliquer et les battre sur le terrain. « Des jeunes des autres équipes manquent beaucoup d’éthique et de respect », ajoute Robinette.

Même si un règlement est venu gâcher la semaine de l’équipe et même si une douzaine de joueurs éligibles ont choisi de défendre les couleurs du Canada au championnat du monde, les jeunes ont apprécié leur expérience. « Ils m’ont dit qu’ils étaient de bien meilleurs joueurs qu’à leur arrivée », souligne Pierre Robinette.

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